Les personnages

Je laisse Fanny faire elle-même les présentations à travers des extraits de l'une de leurs sorties hebdomadaires.

« Ce jour-là, vers 17 heures, on avait sonné avec insistance à ma porte. Je m’étais levée, contrariée, avec la ferme intention d’ôter l’envie de récidiver à quiconque avait osé commettre cette infamie : débarquer chez moi sans prévenir. Qui ne déteste pas cela ? Vous non ? 

À la vue de mes amis, notre rendez-vous me revint. Ils m’avaient bien avertie, en cours de semaine, qu’une fête foraine aurait lieu dans un quartier voisin. Pour eux, c’était l’occasion idéale pour notre sortie du week-end. D’habitude récalcitrante à quitter ma tanière, j’y avais surtout vu un excellent prétexte pour fuir une impitoyable feuille blanche qui me lorgnait depuis une bonne heure !

À part Éric qui avait rouspété, toujours aussi peu enclin à dépenser la moindre énergie physique, tout le monde s’était accordé pour parcourir à pied les neuf cents mètres qui y menaient.

Le temps était clément. Marguerites et tournesols valsaient au rythme de la brise vespérale. Des enfants chantaient gaiement au loin. Des poussettes de bébés rieurs nous dépassaient. Des demoiselles en shorts ultra-courts suivis de messieurs admiratifs faisaient leur jogging. Des chiens aboyaient… Je planais, transportée par cet air de bonheur qui soufflait sur la ville.

D’habitude, mon quartier faisait plutôt penser à un ours en hibernation. Ce soir, pour fêter, il s’était mué en une jeune femme pimpante, ornée de ses plus belles parures.

J’en garde encore un excellent souvenir à ce jour« 


Je laisse Fanny ravers des extraits.

Christian Dor

Photographe

« On avait ri tout au long du parcours, amusés par le récit des dernières aventures de la saga des conquêtes de Christian. Photographe, il passait ses journées de travail dans son studio et sur sites avec des mannequins, et des nuits tout aussi actives dans sa garçonnière, avec encore des mannequins, bien entendu !

Christian ne correspond pas vraiment à la description habituelle d’un beau gosse, mais depuis que ce Nikon D3x — récemment remplacé par un D800 — pend à son cou, il n’a même plus le loisir de draguer. Les jeunes femmes papillonnent autour de lui… Certaines dans le but évident de payer leurs portfolios en nature… D’autres pour l’ajouter à leur liste de contacts utiles… Enfin, je le présume, car selon ses propres anecdotes, il n’a rien d’un expert dans les plaisirs de la chair. Je me souviens encore d’un épisode avec une Miss du nord où il avait confondu une gâterie avec une séance de torture. Toujours pressé, Monsieur s’était mis en tête qu’en mordillant la partie la plus sensible de l’intimité féminine, il offrirait, à coup sûr, à Mademoiselle un raccourci vers le nirvana. Plus la pauvre avait gémi, plus il s’était félicité de son savoir-faire en arrachant presque le malheureux organe.

Étonnamment, malgré la rapidité de la transmission de ce type d’informations dans un milieu aussi fermé, les femmes continuent à l’aduler.

Et lui ne se fait pas prier : il rattrape ainsi la décennie qu’il avait passée, la tête dans les livres. Il est mathématicien. Mais le jour où il avait pris son premier cliché, son monde avait basculé. Deux choix s’étaient présentés à lui. La prestigieuse condamnation à croupir, toute son existence durant, dans des bibliothèques poussiéreuses, des salles de classe hostiles et des laboratoires glacials, à résoudre des équations vitales uniquement pour ceux qui les avaient inventées. Et le délire éreintant — mais oh que jouissif ! — de passer le restant de ses jours à éterniser la beauté. Le dilemme n’avait pas été du genre cornélien pour mon ami. Il avait découvert l’extase d’exercer un métier dont il n’avait nulle envie de vacances. Il avait apprécié sa seconde chance et avait sauté, les pieds joints, dans le train qui l’emmènerait à la notoriété. Il est aujourd’hui l’un des photographes les plus prisés de la capitale et sa réputation s’est même étendue jusqu’aux États-Unis ! Ses pauvres parents, qui s’étaient acharnés au travail pour lui payer ces longues années d’études dans les plus grandes universités américaines, ne comprennent toujours pas tout à fait le côté merveilleux de cette décision. Néanmoins, son visage rayonne d’un bonheur sans ombre et il gagne bien sa vie. Cela leur suffit. »


Eric Joseph

Prof de littérature française

« Quant à Éric, comme souvent, il traînait les pieds, un pas derrière nous, en souriant, l’air rêveur. Toujours aussi épris de Vénus et maudit de Cupidon. Il ne nous avait rien raconté, mais nous devinions qu’il s’était encore mis dans une situation délicate. C’est que, acharné, il retentait sa chance avec chaque prétendue pucelle qui lui jurait fidélité. Et il se retrouvait systématiquement dans les délires les plus inattendus.

Fils unique et orphelin depuis sa plus tendre enfance, son monde se résume à son poste de professeur de littérature française à l’université. Nous sommes sa seule famille et sommes souvent accaparés par nos propres vies parfois tumultueuses. Alors il essaie, comme il peut, de combler ce vide qui l’habite. Malheureusement, le désespoir est un bien mauvais conseiller. Mais il s’accroche encore aujourd’hui, cœur et âme à son rêve de grand amour. »


Ribetsy Denis

Rédactrice pour le magazine In & out

Betsy, ma collègue au journal, une sulfureuse et impitoyable brune frisant la cinquantaine et divorcée, se déhanchait, toujours plus élégante que nécessaire. Qui porte des talons aussi hauts pour marcher aussi loin ? Et pour aller où ? À une fête foraine ! Toutefois, sa philosophie étant que tout, dans la vie, commence avec l’image que l’on projette, elle se fait toujours un devoir absolu de soigner la sienne, et même à outrance. D’ailleurs, elle ne croit plus qu’à l’attraction physique. Selon elle, les prudes ont inventé la notion d’amour pour justifier leurs envies cochonnes. Aimer éperdument sonne certainement plus vertueux que baiser passionnément !

Pour faire plus ample connaissance avec Betsy, amusez-vous avec cette petite nouvelle sympathique à télécharger directement (pas besoin de votre email):

Une surprise de taille


Tiffanny Tannis

Journaliste – Romancière – Pigiste au magazine In & out

Moi, je me tordais de rire, c’est mon plus grand défaut, je suis de nature joyeuse, je ris de tout et surtout de moi-même ! L’autodérision est mon arme secrète contre la vie.

Par ailleurs, mon cœur avait enfin accepté sa retraite forcée. J’avais longtemps soupiré après une famille.

Cependant, un jour, ayant ouï dire qu’une femme dans la trentaine avait plus de chance de se faire attaquer par un terroriste que de trouver un mari, j’avais arrêté de rêver et je m’étais résolue à l’idée que j’avais raté le paquebot du bonheur ! Pour moi, il était trop tard ! Mais pas pour mes héroïnes !

J’investissais donc dans mes personnages toute cette vibrante énergie que je dépensais  auparavant à sortir et à chercher mon homme parfait. Ma vie recluse n’aidait pas mon statut de célibataire de plus en plus endurcie, me reprochait Betsy. Ce à quoi je répondais toujours par le même proverbe, à sa grande désolation : « Quand le diable devient vieux, il se fait ermite ».

En dehors de mes parents qui voyageaient beaucoup, mon environnement personnel se réduisait à mes trois amis qui avaient appris à tolérer mes caprices et mon casernement. Je me déplaçais rarement, je passais uniquement au bureau si j’avais rendez-vous avec Martha. Le jour, j’écrivais ; la nuit, je lisais. Mes seules sorties, c’étaient celles-là, avec ces trois fous. Ils parvenaient à me traîner hors de mon douillet petit chez-moi au moins une fois en fin de semaine. Je résistais toujours, mais ils savaient lire ma reconnaissance dans mes éclats de rire. Sans eux, ma vie aurait été bien morne.


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