La centaine d’amour

Si quelquefois devait s’arrêter ta poitrine,

et que cesse d’aller ce qui brûle

en tes veines,

si ta voix en ta bouche expirait sans parole,

si tes mains s’endormaient en oubliant l’essor,

***

Mathilde, amour, laisse tes lèvres entrouvertes

car ce dernier baiser doit durer avec moi,

doit rester immobile à jamais sur ta bouche:

c’est ainsi seulement qu’il me suit dans la mort.

***

Je mourrai en baisant ta folle et froide bouche,

en embrassant la grappe égarée de ton corps,

en demandant à tes yeux fermés la lumière.

***

Et quand la terre ainsi recevra notre étreinte

nous irons confondus en une seule mort

et vivant à jamais un éternel baiser.


Pablo Neruda (1904-1973)

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