« Veuillez me lire » : une ode au livre

Cela fait un moment que je voulais découvrir cette auteure. Puis la couverture de l’un de ses romans, m’a… disons… déstabilisée 😁😊 par son côté « inhabituel, inattendu » et a modéré mon sentiment d’urgence à aller vers elle. Puis récemment, j’ai lu des éloges de cette nouvelle venant de la reine des nouvelles elle-même, DominIque Lebel. Et il n’en a pas fallu davantage pour rescusciter ma curiosité.

C’est ainsi que j’ai eu le bonheur d’avaler d’une traite ce texte délicieux, poétique, à la fois léger et acerbe, qui n’a de petit que le nombre de pages.

Je suis sincèrement heureuse d’avoir été au-delà de ma zone de confort pour découvrir la plume de Céline Theeuws que je mets sur un palier bien au-dessus de la moyenne. En tout cas, c’est mon humble avis.

« Veuillez me lire » est une merveilleuse petite nouvelle, profonde, émouvante, une douceur à grignoter, un vrai délice.

Bien sûr, il me faudra plus d’un texte pour me faire une réelle opinion de l’auteure, je lirai donc très certainement quelques-uns de ses romans. Et qui sait, je deviendrai peut-être accro, elle se fera peut-être une place dans ma liste d’auteurs adorés. En attendant, je prends plaisir à partager avec vous cet extrait, l’un de mes nombreux passages préférés de cette nouvelle:

Une pluie fine de mots se mit à jaillir des pages. Pas de ces averses qui vous prennent par surprise, non, plutôt une bruine qui me caressa délicatement la peau puis qui s’insinua en moi bien plus imperceptiblement qu’une brutale ondée somme toute très éphémère. Parfois, un mot palpitant galvanisa mes émotions, me poussa à relire plusieurs fois la même phrase. Le narrateur me plongea dans un océan de lettres aux rondeurs divinement féminines qui, mises bout à bout, se disciplinaient en une ribambelle de syllabes à la consonance mélodieuse.

Avec rythmique, s’il vous plaît ! Quelques expressions bien senties tout aussi invraisemblables qu’une grossièreté qui se serait interposée entre Tristan et Iseult me firent tressauter, stimulation oblige. Des hauts et des bas avaient été expressément conçus pour raviver ma flamme lorsqu’il le fallait.

Pour saisir les méandres de ses pensées obsessionnelles, lire entre les lignes était une nécessité, oui, car entre chaque ligne se trouvait bien un espace. Pas un blanc vide de sens. Toutes ces marges, ces sauts de ligne, ces alinéas étaient placés là pour me donner le temps de réfléchir, de faire une pause, d’en apprendre un peu plus sur l’intimité de l’écrivain qui s’était retranché derrière ses personnages, qui s’était confié par le biais de cet acte aux antipodes de l’égoïsme.

Une démarche totalement impudique et pourtant si discrète. Cet être ambigu se plaisait à laisser planer un doute quant à ses intentions, naviguait entre réalité et fiction tout en sachant que certains lecteurs éclairés n’auraient aucune peine à le décrypter. Tandis que sa tête restait froide, ses mains trahissaient sans pudeur ses secrets les plus inavouables.

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