Le talent dans la tourmente…

Nombre d’auteurs ont abandonné leur fier ancien métier pour s’adonner corps et âme à leur unique passion : l’écriture.

Je connais l’un de ces dinosaures qui vénèrent les mots, les subliment, les respectent, s’en émerveillent jusqu’à la déception quand ils les voient écrire comme des pâtées à liquider…

Avouons-le-nous, la littérature n’est plus ce qu’elle était et ne le redeviendra jamais. On se dit lecteur passionné, bibliophile et toute la ribambelle de tags qui va avec, et on arbore fièrement les grosses lunettes qui complètent le look… Parce que « faire intello » subit un effet de mode et que cela a la cote en ce moment.

Alors on lit sur du papier les « mêmes chefs-d’oeuvre » qu’offre la télé. Tout comme les textes pitoyables sur un rythme endiablé font office de musique, de même les daubes hollywoodiennes remplissent des salles entières de moutons entraînés là par la pub, et remplacent les chefs-d’oeuvre d’antan… De même la littérature est de plus en plus supplantée par du prêt-à-lire.

Nous en sommes tous ou presque conscients, nous nous y faisons à cette décrépitude de tous les arts. Cependant, certaines âmes plus sensibles, plus passionnées s’en trouvent remuées jusqu’au dégoût. Ces âmes-là qui écrivaient dans l’espoir de laisser un héritage à la postérité mais qui sont à peine lus car leur travail est vite classé de pompeux ou d’incompréhensible, quel est leur destin? Que leur reste-t-il à faire? Reprendre une vie banale, abandonner cette passion presque vitale ? Ou continuer à se pencher mille fois sur le métier pendant que les grands patrons de l’industrie se passionnent pour les brouillons?

Seuls les lecteurs décident… Je m’adresse donc à vous: quel accueil réservez-vous aux textes qui vont au-delà d’un scénario? Quelle place réservez-vous dans votre cœur à un récit troublant, marquant, déstabilisant servi par des mots empreints de tout le respect que l’auteur vous voue? Quel accueil lui réservez-vous?

On s’accorde bien à dire que la lecture ouvre l’esprit… Les 100 bouquins que vous vous béatifiez de lire par mois, ont-ils au moins ouvert vos yeux à l’inutilité d’une telle démarche? Soyez honnêtes envers vous-mêmes, qu’avez-vous appris de nouveau?

Par ailleurs, imaginez-vous, un instant, les journées de dur labeur et les nuits sans sommeil qu’il incombe à un auteur pour vous offrir ces romans à 2,99 euros, que beaucoup piratent quand même? Et comment les remerciez-vous? A un chef de cuisine et un serveur, on dit « Merci » et on offre même un pourboire. Un auteur si on aime son travail, on le garde pour soi, si on aime moins, on poste son avis subjectif formulé comme une savante et experte critique littéraire sur tous les réseaux sociaux, n’est-ce pas?

J’ai beau cherché, je n’ai pas trouvé une once de justice dans tout ce beau monde. Et je sais de fait que je me ferai pendre sur la place publique pour avoir osé formuler publiquement de telles vérités. Néanmoins, je ne m’en inquiète guère, personne ne me lit!

A vous, cher auteur de vocation, je souhaite beaucoup de courage et de persévérance.

Et à vous lecteur, je me permets de conseiller des lectures qui élèvent l’esprit: l’âme humaine en a gravement besoin.

young man
Modèle de centaines de couvertures dans le top 100 d’Amazon- Photo de Pixabay sur Pexels.com

Lire un porno de 300 pages, c’est parfait, chacun ses besoins! Cependant, c’est aussi franchement une mauvaise gestion de votre temps, cela va plus vite en images et avec des sons!

Et si, par bonheur, vous cherchez de vraies lectures, faites le choix intelligent de la qualité sur la quantité, choisissez des auteurs de qui vous avez à apprendre autant en langue qu’en valeurs et en grandeur d’âme. Ou même en entraînement à réfléchir plus intelligemment pour résoudre un thriller… Mais visez toujours à y gagner, je vous en prie, autre chose qu’un soulagement plus ou moins mécanique qu’une vidéo de 5 minutes aurait pu vous offrir.

Merci pour votre temps. A bientôt pour vos retours… (J’ai bien le droit de rêver!) Ou au moins pour la pendaison!

5 commentaires »

  1. Je ne suis pas d’accord (mais non aucune pendaison ne s’annonce haha -et si des gens te lisent-) sur le fait que ca devient de plus en plus médiocre au point de faire disparaitre la vraie littérature. Ca devient de plus en plus médiocre, c’est un fait ça, Et ca se voit surtout au cinéma.

    Mais au niveau des livres, ce ne sont pas toujours les meilleurs auteurs qui vendent le plus, j’ai même envie de dire : rarement, et ce depuis très, mais très longtemps. En ça, les livres sont clairement pas comparables aux autres arts. Le sentiment de dégout de certains auteurs pour leur environnement et les autres auteurs ? C’est le mal d’un enfant du siècle et de tonnes d’auteurs « marginaux’ qui n’ont connus aucun succès mais se sont faits encensé des années après leur mort. Combien d’auteurs qui ont pu faire partie des meilleures ventes en faisant de la merde dans les 50 dernières années ont pu être oubliés ?

    A un moment, si on veut écrire de la qualité, il faut aussi faire une croix sur la possibilité de la célébrité et du succès, et essayer d’en vivre est déjà une grande réussite. C’est pas juste, clairement, si les auteurs étaient payés au smic horaire, on serait tellement riches. C’est pas juste.

    Ensuite sur le fait de lire des livres de merde… Là je suis d’accord, dans un sens, lire 100 livres par mois pour la gloire de pouvoir le dire, c’est inutile. Par contre si on sait ce qu’on lit, y’a aucun mal à lire un porno, vraiment, ca va pas abrutir, c’est pas un temps perdu non plus. (Sauf pour ceux qui lisent enchainent ca sans jamais avoir la curiosité, oui à un moment faut avoir cette curiosité d’autre chose…) Disons que je pense que si sur 500 personnes qui ne lisent jamais aucun livre, 100 se mettent à lire des livres de merde, et que sur ces 100 y’en a ne serait-ce que 15 à qui ca donne envie de lire d’autres livres, et même que 5 à qui ca ca va ouvrir à de la belle littérature, alors ca sera toujours ça de rallié aux livres, et les livres de merde auront eu le mérite d’amener 5 nouveaux passionnés qui n’auraient jamais lu de leur vie sans ca. C’est peut-être une consolation illusoire, mais les livres ont vraiment un statut particulier comme art, durable dans le temps, et il ne sera pas prêt de tomber aussi vite (pas même avec une petite armée de bloggeurs ou de marketeux des mauvais livres, ca suffira pas, ne t’inquiètes pas)
    (mais je comprends que ca énerve ahem)

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  2. Et voilà qu’on se met à me lire! N’est-ce pas dangereux tout ça?

    Pour éviter le rapprochement de la potence, je ne parlerai pas de l’utopisme évident qui vous anime et dont j’ai moi-même longtemps été accusée. Je dirai seulement que vos calculs utilisant les seules formules de l’espoir me plaisent en même temps qu’ils me désolent pour la société et la culture.

    Cette semaine même, j’ai le regret d’assister, impuissante, un excellent auteur, pas un conteur de récits mais un auteur, dans tout ce que dégage de noble ce terme, jeter l’éponge car il n’a pas le courage d' »ajuster » le niveau de son art à la demande. En outre, le bougre n’a pas une fibre commerciale dans son grand cœur déboussolé, ce qui représente quand même au moins la moitié du travail d’un auteur actuel… Je vous avoue que cela m’inflige une douleur à la fois révoltante et démoralisante! Mais qu’y puis-je? Seulement risquer des railleries. Une offrande bien misérable à son talent!

    Maintenant, rappelez-vous votre promesse : pas de pendaison! 🙂

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  3. Ah! J’oublais. Je vous prie d’avoir l’obligeance de m’autoriser à utiliser ces trois phrases de votre commentaire sur Facebook pour illustrer mes propos:
    « A un moment, si on veut écrire de la qualité, il faut aussi faire une croix sur la possibilité de la célébrité et du succès, et essayer d’en vivre est déjà une grande réussite. C’est pas juste, clairement, si les auteurs étaient payés au smic horaire, on serait tellement riches. C’est pas juste. »

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  4. Je te lis Nina-Jo ! Je comprends ton coup de gueule. Moi, j’écris pour moi d’abord, et après c’est tout cadeau pour l’univers. Moins de déceptions comme ça. Communication, communication, communication. On me le dit tout le temps. C’est ça qui fait la différence. Je n’ai pas encore commencé à le faire. Une fois l’audience identifiée et le contact établi, la voie est ouverte, on ajoute souvent. Reprends courage, Nina. L’action et la visibilité sont les clefs qui maintiennent notre espoir, et tant que nous respirons encore nous n’avons pas dit notre dernier mot. Une voix persistante dans le vacarme, qui sait ? Quelqu’un, quelque-part, pourrait la distinguer. J’ai clairement entendu la tienne dans le vacarme des voix, grace à ta comm…

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    • Merci pour ton constant soutien Michel. En effet, le plasir, le bonheur, c’est l’écriture elle-même… C’est ce qu’il ne faut pas perdre de vue pour éviter découragement et frustrations. Merci, cher confrère.

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